Croyance limitante et valeur personnelle: Une lutte sans fin – Partie 2

Vous vous souvenez du sujet de mon dernier article? Il était question de croyance limitante et de valeurs personnelles. Deux sujets qui ont le pouvoir d’influencer la trajectoire de vie de n’importe qui désirant prendre sa place dans le monde! Et si en plus, ces deux concepts sont contradictoires de par leur intention, ils peuvent causer bien des maux de tête à celui ou celle qui cherche sans le savoir à arrimer deux forces qui s’opposent. Quelle quête épuisante dans un quotidien qu’on souhaite harmonieux. C’est exactement la réflexion qui m’est venue à l’esprit sur mon balcon un soir de pleine lune, vous vous souvenez?

 

En observant les adultes de mon entourage jongler avec les obligations de leur quotidien depuis ma tendre jeunesse, j’ai encodé qu’un travail bien rémunéré vient inévitablement avec ses heures de souffrance. J’ai aussi appris de mon père à devenir ma meilleure amie, authentique et loyale, celle sur qui je peux toujours compter pour éloigner l’ennui. J’ai grandi avec ces deux affirmations tatouées à l’intérieur du corps. Elles ont influencé toutes mes décisions depuis que je suis enfant, jusqu’à aujourd’hui. Mais, parce qu’elles se contredisent dans leur intention première;  l’une parle d’austérité et l’autre proclame haut et fort le plaisir et la liberté, mes pensées et mes actions ont parfois manqué de cohérence entre elles. Avec le recul, je prends conscience que ma croyance a toujours fait la guerre à mes valeurs personnelles et qu’elle a toujours été d’une adversité redoutable!

 

Je comprends maintenant pourquoi, jeune adulte, j’ai toujours voulu retarder le moment où je devais grandir et me diriger vers cette existence professionnelle dénudée de plaisir. Dans le cadre de mes études universitaires, j’ai choisi une concentration où il n’y avait pas de stage au baccalauréat. J’ai fait des choix qui m’éloignaient du travail et j’ai étudié, étudié et encore étudié, jusqu’à poursuivre les études supérieures à la maitrise, en partie pour cette raison (je m’en rends bien compte aujourd’hui).

 

Alors, ce soir-là, en tête à tête avec la lune, je réalise non seulement l’existence de cette croyance négative, mais également l’ampleur de son impact dans ma vie. Depuis mes premiers pas comme travailleur autonome, je ressens un malaise dans un de mes rôles professionnels, même si au départ, c’est exactement ce pour quoi je devenais entrepreneure. Constatant que le malaise ne s’apaisait pas malgré l’expérience et le temps qui passait, j’ai attribué cela à un manque possible de structure et j’ai retravaillé le cadre et le contenu de mon offre de services en plus de tenter d’autres angles d’animation et d’intervention. Trois ans plus tard, je reviens toujours à la case départ même si j’ai mis à profit toutes les ressources de ma créativité ; je n’arrive tout simplement pas à me sentir complètement à l’aise dans ce rôle.

 

Sous les reflets argentés de la lune, je me suis alors posée l’inévitable question : Pourquoi m’obligeais-je à poursuivre d’offrir un service qui m’indispose ?  Même si je reconnais pleinement mes compétences, dans quel but je décidais de m’acharner à offrir ce service ? Simplement parce qu’il  me permet de mettre du pain de luxe sur la table ? La réponse m’est alors apparue franche et assumée. Non. Osons le changement de perception! Il était temps que je remette mes valeurs au sommet et que je sois plus habile que ma croyance pour faire succomber mon inconscient à m’accompagner sur la route de la liberté.

 

Certaines personnes issues d’une toute autre génération que la mienne n’aiment pas cette idée d’œuvrer à implanter le plaisir dans tous les aspects de sa vie. Parce qu’il semblerait que la difficulté sert l’humanité à se rappeler de la beauté de l’humilité. Je comprends l’idée, mais pourquoi se donner de la misère quand on peut s’en passer? Pour ma part, quand le plaisir ne résonne plus ou pas, je me suis toujours précipitée à changer ce qui faisait défaut. Je suis toujours partie en quête d’un nouvel emploi quand celui que j’occupais m’indisposait. Ma décision de devenir travailleur autonome répond également à cette volonté, celle de semer davantage de plaisir dans ma vie professionnelle. Mais, malgré toute mon ambition d’agrémenter de joie mes journées de travail, il en restait toujours un petit bout qui ne me faisait pas envie. Il y a toujours eu, dans ma vie, cette impression d’être obligée d’endosser un rôle professionnel parfois ennuyant et qui me faisait gagner ma vie sans passion, simplement sous prétexte que la vie, c’est ainsi.

 

Il y a quelques mois, j’ai pris la décision d’investir dans un service de coaching entrepreneurial. En discutant de cet aspect de mon cadre professionnel, on m’a encouragée à mettre de côté pour un temps cet aspect plus ennuyant de ma carrière. J’en avais envie, mais jamais je n’aurais osé. Et je l’ai fait! Je me suis permise de ressentir ce que ce changement provoquait en moi pendant quelques jours. Et c’est là que le soir de pleine lune s’est présenté… Et l’on connait la suite, vous êtes témoins privilégiés de cette réflexion.

 

Je ne sais pas si j’ai réglé la question une fois pour toute. Je ne sais pas si une croyance limitante quitte sa protégée aussi facilement sans dire un mot… Je ne sais pas non plus si mes valeurs vont pleinement profiter de ce moment d’accalmie pour reprendre leur place et enfin accepter leur formidable capacité à réinventer mon avenir. Je n’en sais rien, mais je pense sincèrement que tout est en place y forger une nouvelle croyance… positive cette fois-ci et sans limite.

Auteur: Martine Ouellet

Passionnée de théâtre et de relation d'aide, Martine allie à merveille l'imaginaire à travers ses séances et audios d'hypnose. Elle nous partage sur le blogue ses réflexions profondes et prises de conscience. www.hypnosemartineouellet.com