Le devoir de se donner le droit d’être soi

Le devoir de se donner le droit d'être soi |Ma voix, ta voie|

Si je vous disais que je suis narcissique, que répondriez-vous? Vous vous diriez sans doute que je ne suis pas une personne très agréable à côtoyer, n’est-ce pas?

Avant d’avoir lu Sauvez votre peau! Aimez-vous enfin de Fabrice Midal, j’aurais assurément affirmé qu’une personne narcissique ne pense qu’à elle et ses désirs, et ce, au détriment des autres qui l’entourent.

Ma perception de ce concept a quelque peu changé grâce à l’interprétation qu’en fait Fabrice Midal dans le livre que je vous présente à l’instant.

Crédit photo : Josée Tardif

Revisiter le mythe de Narcisse

Si vous vous souvenez bien, Narcisse est ce type qui ne devait jamais voir son visage. Mais la vie étant ce qu’elle est, Narcisse aperçoit son reflet dans l’eau et tombe amoureux de lui-même alors qu’il souhaitait se rafraîchir.

Il existe plusieurs versions de ce mythe et plusieurs interprétations. D’abord interprété comme l’amour de soi, le narcissisme a maintenant une connotation plus négative. Être narcissique est très mal vu et le fameux DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) l’inclut même dans son ouvrage comme étant un trouble.

Mais selon Midal, le « narcissisme […] est l’art de se regarder, de comprendre ce que l’on est pour réussir à s’ouvrir à l’autre […] ». La notion de s’aimer sans égard pour les autres est évacuée. Être narcissique serait de se connaître soi-même pour mieux aimer les autres. On est loin du trouble mental.

Midal déplore aussi la pensée ambiante où l’autofélicitation et la fierté sont vues comme des gestes vaniteux et narcissiques. « […] le narcissisme n’est pas un nombrilisme, il n’a rien à voir avec la vanité, il est tout simplement la reconnaissance de soi en tant qu’être vivant et digne d’intérêt. »

Et si finalement, Narcisse qui se regarde dans l’eau se donnait ainsi le droit d’être lui-même et de s’aimer pour mieux s’ouvrir aux autres?

Connais-toi toi-même

Pour aimer une personne, on doit la découvrir. Et pour s’aimer soi, il faut se découvrir.

Le travail d’une vie, n’est-ce pas? C’est peut-être pour cela que beaucoup de gens évitent l’introspection et ne cherchent pas à connaître leur vraie nature. Se connaître, c’est aussi se donner le droit fondamental d’être soi-même et ça peut être un défi colossal. La peur d’être soi-même, d’être jugé et de ne pas être aimé nous empêche parfois de vivre pleinement.

Lorsque notre horaire est surchargé et nos temps libres sont remplis par les écrans et stimulations de toutes sortes, il est difficile de réfléchir à ce que l’on veut vraiment et à qui on veut être vraiment.

Bien se connaître demande du courage, du temps, une bonne dose d’introspection et cela ne se fait pas dans la facilité. Midal insiste sur notre devoir de mieux nous connaître soi-même et de cesser de nous harceler en se dénigrant intérieurement.

Se connaître est aussi une évolution dans le temps. À mesure que l’on avance, notre connaissance de soi se raffine, si bien sûr on prend le temps de se déposer et de ralentir pour mieux sentir ce qui vibre en nous. À cela, j’ajoute que l’écriture régulière peut, pour beaucoup d’entre nous, nous aider à chasser nos démons et accueillir le beau en nous.

S’aimer, c’est la première chose à faire

C’est même un devoir. Un devoir de se pardonner, d’accepter nos imperfections, de se découvrir, de ressentir, de dire non, de dévoiler nos aspirations, d’être sensible et vulnérable… bref, d’être humain.

S’aimer n’est pas malsain, c’est plutôt le contraire. Cela veut aussi dire d’avoir le courage de se regarder en face et de nommer ses défis, ses faiblesses et de chercher à les accepter et de les surpasser. C’est un cheminement à faire avec beaucoup de bienveillance envers soi-même.

Lorsque Narcisse voit son visage pour la première fois, il se reconnaît. Il se donne le droit d’être qui il est et « cesse d’être aveugle à lui-même ». Alors, cessons de nous cacher et regardons-nous nous-même.

Fabrice Midal nous convainc de nous aimer enfin! J’aurais pu vous parler de bien d’autres aspects traités de manière unique dans ce livre tels que l’ego, l’individualisme, le sacrifice…mais je vous invite à le lire, car il se peut très bien que vous y trouviez des réponses.

Est-ce que vous vous donnez le droit d’être, de bien vous connaître pour mieux vous ouvrir aux autres?

 

Auteur: Josée Tardif

Josée est réviseure linguistique et prône une vie douce et remplie de lectures inspirantes. Elle aime apprendre tous les jours tout en s’occupant de sa famille. Elle est auteure du Journal de lecture, un outil tant pour lecteur amateur que lecteur assumé.